Samedi 26 décembre 2020 à 08h16

Et puis ça s'est fini comme ça. On a éteint les bougies, on a décroché les guirlandes. Bien sur, on a encore les boules. Le sapin est nu, presque gêné de s'exhiber de la sorte au milieu du salon au sol jonché de papiers cadeaux. En réalité, l'ours et moi, on n'a jamais eu de sapin, ni de salon et encore moins de cadeaux, mais on éprouvait, ne serait ce que durant un instant, le besoin de faire comme à la télé. Vous savez l'habituel reportage du matin de Noël, chez des Français moyens. Pas besoin d'être un expert pour remarquer que la famille choisie, en fait de Français moyens appartient surtout à la catégorie des Français « qui ont les moyens ». La maman, grande, blonde et belle, au brushing impeccable à 7 heures du matin ( m'est avis que ,durant la nuit, papa n'a certainement pas eu le droit de mettre Jésus dans la crèche...), 6 enfants parfaitement assortis à la couleur de la moquette ( on n'échappe pas à son destin) et qui, le sourire à peine angoissé , déclare, face à la caméra « j'avais tellement peur qu'ils n'aient pas suffisamment de cadeaux ». Chez ses gens là, personne ne se gratte les couilles au réveil. Faut de la tenue pour faire le journal de la 2! Nous, on le fera jamais le Journal de la 2! En plus un ours qui se réveillerait un 25 décembre, ce n'est pas crédible. A cette date là, un ours ça dort! Suffit de regarder un documentaire sur Arte pour le savoir. Les ours dorment en hiver. Tous.....enfin tous sauf un. Le mien. Pas facile tous les jours de cohabiter avec une exception. Et en plus il parle. Quoi qu'il en soit la fête est finie. Elle fut belle. Respectueuse des gestes barrières et de la distanciation sociale, ponctuée de lavages de mains et de régulières ouvertures de fenêtres, de masques furtivement ôtés juste ce qu'il faut pour effectuer le transfert de la nourriture dans la bouche. De délicieux moments, tellement spontanés, tellement conformes à l'esprit du temps à défaut de l'être à « l'esprit des lois » ( Montesquieu 1748). Monsieur Jean peut être fier de nous. Carrément soumis. Et le froid arrive. Pas de doute, c'est bien l'hiver. Bisous.