Jeudi 06 août 2020 à 09h27

« Il faut cultiver votre jardin » c'est à peu près ce qu'écrivait Voltaire et ,même s'il y mettait plus un sens philosophique qu'agricole, le présent m'incite à méditer sur les sages propos du patriarche de Ferney.
Les villes verticales, les tours aux fenêtres vitrées s'ouvrant sur des panoramas à couper le souffle jusqu'à ce qu'une nouvelle tour plus belle , plus haute vienne obstruer la vue, sont des pièges mortels.
Être confiné au 10 ème étage avec un ascenseur capricieux ou une fourniture irrégulière d'électricité c'est la mort possible, s'entasser dans des tours face au port de Beyrouth lors de la récente explosion c'est être livré au dénuement le plus total. Comment survivre, comment s'alimenter quand on a repoussé les champs toujours plus loin pour entasser des populations par millions dans des boîtes ? Les marchandises sur les quais, les humains dans des boîtes en béton se font face ou s'opposent mortellement.
Les villages meurent inexorablement, les maisons tombent en ruines, les petites boutiques ne sont que des souvenirs. Et alors?
Ne faudrait il pas envisager ou essayer un retour à la campagne? La terre est nourricière. Les arbres font de l'ombre pour les étés de canicule. Et on se parle et on s'entraide entre voisins.....alors que dans les grands immeubles on vit et on meurt seul, anonyme.
Les images apocalyptiques des rues de Beyrouth me conduisent à penser qu'il faut changer notre façon de vivre, la puissance de la métropole est illusoire.
C'était juste une pensée comme ça avant de me refermer dans ma boîte en béton. Une pensée c'est aussi le nom d'une fleur.