Mercredi 27 mai 2020 à 09h49

Aujourd'hui c'est pique nique dans la cuisine! On ne refuse rien. On bouscule les codes. On se réinvente. On vit sa part de rêve et on rêve à demain, et pourquoi demain? Y en a qui suivent pas! On s'absente une journée et ça y est, on se relâche, on cède au « divertissement » sur lequel Blaise Pascal écrivit, en son temps, des pages définitives! Parce que demain Doudou va parler. Et dequoiquilvaparler? De toutes les nouvelles libertés dont on aura le droit de jouir si on est sage et si on respecte bien les « gestes barrières ». Cette expression est aussi laide que son application est totalitaire. Gestes barrières! Quand on était petits, l'ours et moi, jeunes plutôt car l'ours a toujours été petit, on connaissait une garde barrière, à Oudon, célèbre pour son donjon, madame Fleury. Elle habitait une toute petite maison avec des géraniums aux fenêtres et des poules dans la cour. Garde barrière qu'elle était! Elle empêchait les énormes machines noires à vapeur qui tiraient leurs wagons à 130 à l'heure d'aller sur la route et les passants distraits de se jeter sous la loco, ce qui arriva parfois. Son geste barrière à la garde barrière c'était de protéger d'un vrai danger, le sol tremblait quand le train passait et l'ours serrait ma main avec ses petits doigts qu'il n'avait pas, déjà à l'époque. C'était il y a longtemps. De Gaulle régnait. J'ai des souvenirs en noir et blanc. En noir et blanc comme « la barbe à Doudou » qui va parler demain. Et vous? Vous faites pique nique?