Vendredi 03 avril 2020 à 06h20

Mon ours a lu Montaigne. « Mes pensées dorment si je les assieds. » « Mon esprit ne va si les jambes ne l'agitent ». Vous le connaissez, il ouvre un livre et trouve la phrase qui fait mal. L'ours est grognon par les temps qui courent, ou plutôt par les temps qui ne courent plus. Il vit mal le confinement et à défaut de longues polémiques verbeuses, il pose des actes de révolte. Il me pique ma chaise. Et me voici sans chaise. À propos de sans chaise, je dois vous avertir que la pharmacie Sanchez de Santiago du Chili dispose encore de quelques masques alors que la pharmacie Ramirez de Lima n'a que du gel. Pour envisager une protection complète, il va vous falloir vous taper le chemin des Incas. Donc mon ours est un cas, lui aussi. Je dirai même un cas rare ( comme on dit chez les sculpteurs italiens).
Franchement,vous pensez qu'il incarne la fonction de chef, avec son petit cul sur ce grand fauteuil? Et ses poils en bataille sur sa face tourmentée. Il a du mal à définir une stratégie claire, il a les yeux cernés ( vous êtes cernés les yeux, rendez vous! ). Il me fait un peu penser à Doudou, le pote à Manu. Mon ours, plus il me cause, moins je l'écoute. À la fin du confinement je vais le transférer, enfin....si un autre club veut bien de lui. En attendant il frime, il me regarde de haut.
. Au fait, même si ça n'a pas de rapports avec ce qui précède, comprenez vous pourquoi on n'enlève pas les fauteuils des wagons de TGV qui servent à déplacer des malades de l'Est vers l'Ouest, contraignant les infirmiers à un portage quasiment sur leurs têtes? Pour le contrôle des billets, bonjour le boulot!.
Ce matin, on a du mal. Ce n'est pas clair. C'est comme le déconfinement. Avec l'ours on va aller « faire les courses », même si le mot courses traduit mal l'allure du déplacement de mon plantigrade raisonneur. Quittons nous donc en gardant en mémoire cette pensée du Michel philosophe « Si haut qu'on soit placé, on ne l'est jamais que sur son cul ». Eh Manu, Manu, tu descends Manu?