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Mardi 07 avril 2020 à 06h22

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« Ecrire chaque jour, génie ou pas. ». Ainsi parlait je ne sais plus qui...euh...on va dire Guy de Maupassant dont la famille possédait le château de Louis de Funès à Clermont près du Cellier en Loire Inférieure ( c'est comme ça qu'on appelait notre département quand j'étais petit) ou l'inverse, c'est comme on veut. Et d'ajouter « je pense plutôt à la lassitude du génie qui se rend compte qu'il n'est pas seul à ce niveau. » Ecrire chaque jour alors que tout a déjà été écrit, par d'autres, par des plus inspirés, par des plus talentueux voire par certains qui n'écrivent pas les livres qu'ils signent. Les présidents n'écrivent pas leurs discours, ils devraient parfois s'abstenir de les prononcer. Ils ont « des plumes ». Non, j'ai pas dit « dans le cul ». Ne commencez pas avec les gros mots alors que nous abordons tout juste le début de la quatrième semaine de confinement ! Si vous avez la chance de parvenir en huitième semaine, alors là oui, tout vous sera permis. Vous écrirez comme Céline si vous le souhaitez ( et si vous le pouvez...). Autrefois on ne disait pas des « plumes » on disait « des nègres ». On ne dit plus ça. On se planque derrière les mots. On est correct. On n'est plus aveugle, on est déficient visuel. On n'est plus caissière, on est hôtesse de caisse. Et personne « ne met plus ses doigts dans la caisse du fond ». Et surtout on ne dit pas « pénurie ». En voilà d'un mot qui est laid : pénurie ! Bouhh que c'est vilain! On dit « c'est tendu, ou ça risque d'être tendu ». Les masques? C'est tendu. Les respirateurs c'est tendu. Les blouses, les charlottes, les surblouses c'est tendu . (Ah le blues de la blouse!). Et les tests c'est tendu aussi. Attention trop de tensions risquent de provoquer des poussées de tension. Mon ours dit pénurie. Mon ours parle comme il a appris quand il était petit à l'école communale Jean Jaurès. Mon ours n'est pas une personne âgée, il est vieux. Vous qui aimez le charme discret du confinement écoutez la chanson « les vieux » de Jacques Brel. « ....leur monde est trop petit , du lit au fauteuil, et puis du lit au lit ». Le monde se réduit au fur et à mesure que l'âge avance. Seule l'imagination nous fait encore chevaucher par les vertes prairies de la Normandie si bien décrite par Guy de Maupassant. L'ours s'est planqué dans les chiottes. Il veut prononcer le discours du trône. Un discours qu'il n'a pas écrit lui non plus. Je ne dis rien parce que je l'aime. Mais ce matin j'ai failli m'agacer.